La trilogie vénitienne tome 3 : l'enfant de l'exil (Castelletto tome 3 : Luiza) (Emma Mars)

Comme Venise lui semble loin ! Voilà déjà quatre mois que Chiara a été obligée de fuir avec Nicola pour échapper à une condamnation à mort. Sur la route d’Avignon, elle a donné naissance à Luiza et c’est en famille que le couple fait son entrée dans la Cité des Papes. Les fastes de Venise sont loin, mais sous la protection d’Innocent VI, Nicola a pour mission d’accueillir les prostituées de la ville dans une maison des repenties, Notre Dame des Miracles. Chiara, qui a toujours eu à cœur de prendre la défense de ses consœurs, est néanmoins préoccupée par la santé de Luiza qui se dégrade de jour en jour. Et à Venise certains n’ont pas perdu l’espoir de retrouver la blonde pécheresse...

 

Un dernier tome à l'image de l'époque, sombre et dur, une époque où un mauvais choix ou une trop grande naïveté pouvait conduire au bûcher. Hélas, si Nicola est pétri de bonnes intentions, il ne brille pas par sa connaissance de la nature humaine, et plutôt que de vivre dans l'ombre avec Chiara, il commettra l'erreur d'aller trouver Innocent VI, qui n'a d'innocent que le nom...

Quant à Chiara, préoccupée par la santé de Luiza, qui a contracté la peste, dépassée par le rôle que Nicola joue dans la maison des repenties - et qui l'éloigne d'elle, car il a repris son abri de prêtre -, elle fait de son mieux pour survivre dans un pays étranger, loin de sa Venise natale.

Autant le dire, ce tome est le plus dur des trois, et certains passages ne peuvent que faire pleurer. On n'est pas dans une romance historique, mais bel et bien dans un roman historique, c'est-à-dire dans la réalité d'une époque sans concessions, et les héros ne gagnent pas toujours à la fin. La qualité du travail de documentation fait par l'auteur est à souligner, ainsi que son écriture, qui nous fait vivre les événements comme si l'on y était. C'est vraiment une trilogie à découvrir, et je finirai en citant un passage du tome 3 qui m'a profondément marquée, car elle si réelle :

"Ou bien, songea-t-telle après un moment, était-ce le signe que Venise ne lâchait jamais tout à fait ceux qui la quittaient.

Que Venise vous rappelait toujours à elle".

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