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22 janvier 2020

Holmes et Moriarity tome 1 : qui a tué son éditeur ? (Josh Lanyon)

Holmes et Moriarity tome 1 : qui a tué son éditeur ? (Josh Lanyon)

Pendant plus de seize ans, l’auteur de romans policiers solitaire Christopher (Kit) Holmes a joui d’une brillante carrière grâce à la popularité de la détective Miss Butterwith, vieille fille d’un certain âge, et de son chat ingénieux, monsieur Pinkerton. Malheureusement, les ventes sont en chute libre, excepté pour les romans de chick-lit, et le nouvel éditeur de Christopher n’aime pas particulièrement les inspecteurs du troisième âge. Décidément, monsieur Holmes voit la vie en rose !

A la demande de son agent, Christopher accepte à contrecœur de participer à une convention d’auteurs de romans policiers organisée dans une exploitation viticole isolée, au nord de la Californie. A peine arrivé, il découvre dans les bois le corps d’une femme uniquement vêtue d’un pyjama. Après avoir écrit des enquêtes pendant près de deux décennies, la conclusion qu’elle n’est pas morte de causes naturelles s’impose à lui.

Alors qu’une tempête fait rage et que le seul accès au domaine est bloqué, les forces de l’ordre sont dans l’incapacité de venir à leur rescousse. On se croirait presque dans l’une des classiques histoires de meurtre qui se déroulent dans un manoir perdu en pleine campagne que Christopher écrit depuis seize ans ! Si seulement Miss Butterwith était à portée de mains. Ou même monsieur Pinkerton...

 

Ouf, quel plaisir de tomber enfin sur un bon roman MM après plusieurs lectures mitigées, voire carrément des déceptions !!

J'ai aimé ce livre à plusieurs titres. Pour l'intrigue et la romance, bien sûr, mais pas que.

En tant qu'auteure, j'ai aimé tout l'aspect concernant l'édition (pas si différente que ça aux USA qu'en France, si l'on excepte l'aspect "agent littéraire"). C'est plutôt réaliste et bien représentatif du milieu, si ce n'est que le héros m'a bien fait rire avec ses a priori sur l'édition indépendante.

Mais surtout, j'ai aimé l'intrigue, ses rebondissements, l'atmosphère du récit, avec cette tempête qui n'en finit pas (on a l'impression d'être tout aussi trempé que si on était à l'intérieur du livre !!), et bien sûr, j'ai adoré la dynamique entre Kit et JX !! Leur histoire - qui a déjà un passif - ne se développe pas en douceur, mais de manière tumultueuse, avec en arrière-plan leur histoire passée, sans compter les soubresauts de l'enquête, où Kit se retrouve suspect numéro 1, et emprisonné dans son propre chalet !!

J'ai vraiment hâte de lire le tome 2 !

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21 janvier 2020

Service presse de NetGalley : que les ombres passent aux aveux (Cédric Lalaury)

Que les ombres passent aux aveux (Cédric Lalaury)

Après un drame personnel, Jessie décide de retourner vivre chez son grand-père. Alors que le vieil homme vient de mourir, elle trouve dans sa boîte aux lettres une enveloppe contenant des documents. Ceux-ci évoquent Keowe, terre de leurs racines, dont il ne parlait jamais. Pourquoi  lui adresser aujourd'hui ces coupures de journaux consacrées à un massacre familial perpétré des décennies plus tôt ?
Un riche industriel de la région, M. Webson, avait tué sa fille et sa femme avant de se suicider. Son fils cadet, Toby, n'a jamais été retrouvé. Or Mme Lamar, l'ancienne gouvernante de la famille, affirme l'avoir récemment reconnu. 
L'Enfant perdu d'Eden Woods serait-il de retour ?  Troublée, Jessie part enquêter sur place.
Happée dès les premières pages 
J'ai été prise par l'histoire dès les premières pages. Tout de suite, comme Jessie, j'ai eu envie de percer ce mystère datant de 30 ans. Lorsqu'elle arrive à Keowe, l'écriture de l'auteur nous plonge tout de suite dans l'ambiance de la ville, au départ en apparence morne et sans histoire, mais qui se révèle très vite lourde, inquiétante parfois, emplie de non-dits et de secrets. Jessie a le plus grand mal à faire la part des choses, surtout qu'elle ne comprend pas de quelle manière son grand-père était impliqué dans une histoire qui se révèle chaque jour plus complexe et plus fuyante. Bientôt, elle ne sait plus à qui faire confiance et de qui se méfier. Ses premières impressions sont-elles vraiment les bonnes ?

Les fausses pistes et les coups de théâtre se succèdent, et la révélation finale est des plus inattendues. Et malgré ses actes, je n'ai pu m'empêcher d'avoir de la compassion pour cet être à qui on a tout arraché et qui a tant souffert...

#QueLesOmbresPassentAuxAveux

#NetGalleyFrance

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20 janvier 2020

Service presse de NetGalley : le serveur (Matias Faldbakken)

Le serveur (Matias Faldbakken)

Le Hills est d’un temps où le cochon était du cochon et le porc du porc, comme aime à dire le Maître d’hôtel. Chaque jour, raide dans son habit, le serveur de ce grand établissement d’Oslo se tient là, comme il aurait pu le faire il y a cent ans, si ce n’est davantage. Il veille, attend, se tient prêt. Il circule dans la salle, prend les commandes, sert et débarrasse. Les tables sont parfaitement dressées, les verres s’entrechoquent, les couverts vont et viennent sur la porcelaine avant d’être portés à la bouche. Tout est à sa place, l’ordre est immuable. Jusqu’au jour où un vent de changement s’engouffre dans le sillage d’une belle jeune femme qui prend place, l’air de rien, au milieu des habitués. Son apparition a tôt fait d’enrayer la mécanique parfaitement huilée du restaurant, menaçant les fondations de cet écrin de la vieille Europe – et l’équilibre fragile du serveur brusquement dépassé. Avec un sens aigu du portrait et de la scène, Matias Faldbakken livre dans ce délicieux huis-clos une allégorie de notre temps qui ménage autant de moments poignants que d’hilarité, et distille une nostalgie contagieuse qui vous donnera envie à votre tour de pousser la porte du Hills et de vous y attabler pour observer la marche du monde en écoutant le vieux Johansen jouer un air mélancolique.

 

Un livre pas comme les autres au charme d’autrefois

Pour pousser les portes de ce livre, il faut être un adepte des huis-clos et des introspections sur les sujets les plus étranges.

Le serveur est un homme qui aurait sans doute été plus à sa place au XIXe siècle ou au début du XXe siècle, et qui, sans doute pour son malheur, vit au XXIe siècle. Il effectue son travail avec une conscience professionnelle remarquable, et prend un immense plaisir à travailler au Hills, cet établissement qui semble sortir d’un autre temps. Pus on le découvre, lui, le serveur et narrateur, plus on s’aperçoit que, sous ses dehors impassibles, il en faut peu pour le déstabiliser. Le moindre changement le plonge dans des affres angoissées, alors lorsque la Femme-enfant commence à prendre ses habitudes au Hills, et, de par sa seule présence, à tout bouleverser dans les habitudes du serveur et de ses tables attitrées, tout bascule.

J’ai pris un très grand plaisir à lire ce livre, tour à tour drôle, poignant, nostalgique, surprenant. Les ruminations intérieures du serveur ne sont jamais ennuyeuses ; il est capable de disserter en lui-même de toutes sortes de sujets tout en effectuant son service, et on le retrouve complètement démuni face à quelque chose d’aussi simple que soigner une ampoule. Sa manière d’observer et d’analyser ses habitués est fascinante, et malgré tout, sa connaissance de la nature humaine se heurte au mystère de la Femme-enfant, qui ne correspond à aucune des petites cases dans lesquelles il aime ranger les gens.

Mon seul regret est que ce livre se soit achevé si vite, presque abruptement. Il ne représente qu’un temps de la vie du serveur, mais j’aurais aimé en avoir un peu plus afin de vraiment conclure ce moment.

Un plus pour que la couverture qui m’a séduite.

#Leserveur

#NetGalleyFrance

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19 janvier 2020

Défi 591 du samedi 21 décembre 2019

Consigne des Défis du Samedi : mais si, il y en a encore et plus que vous ne le pensez. « Emplumé(e) ».

Défi 592 du samedi 28 décembre 2019

 

Far West

Yseult haussa un sourcil étonné en découvrant la photographie aux couleurs passées qu’Elwyn était en train d’accrocher au mur de l’immense salon – le poète aimait changer régulièrement les tableaux et autres portraits décorant la pièce, afin de faire revivre la vie passée des siens.

— Je rêve, ou il s’agit de la meute en tenue de cow-boy ?

— C’est exact, confirma Elwyn.

— Et qu’en est-il des notions de discrétion dont vous êtes censés faire preuve ?

Le poète sourit.

— La photo, à l’époque, ce n’était pas comme aujourd’hui. On ne pouvait pas tirer des dizaines de photos à partir d’un négatif. Enfin, ça, c’est à partir du moment où il y a eu des négatifs !

— Je suppose que Duncan a enchanté la photo pour qu’elle traverse le temps ?

Elwyn confirma d’un signe de tête.

— Bon, alors, maintenant, dis-moi… C’était comment, de vivre dans le Far West ? Et pitié, ne commence pas en me disant que ça n’a rien à voir avec les westerns ou ce qu’on lit dans la plupart des romans, je le sais déjà !

— Je n’aurais jamais osé insulter ton intelligence de cette manière.

Le loup-garou sauta par-dessus le dossier du canapé avant d’y prendre place. Son regard se perdit dans le lointain tandis que sa mémoire remontait le temps.

— La vie des cow-boys n’avait rien d’enviable. Ils étaient peu payés, et les grands propriétaires de ranch qui les employaient les méprisaient. C’était un métier dangereux, exercé en partie importante par des Noirs libérés de l’esclavage, des Mexicains ou des métis. Les Blancs préféraient éviter. Au total, il n’y en a jamais eu plus de 40 000. Lorsqu’ils arrivaient en ville, ils dépensaient le peu qu’ils avaient gagné. Il y avait beaucoup de beuveries et de bagarres.

L’œil pétillant de son interlocuteur alerta Yseult, qui se mit à rire.

— Laisse-moi deviner… Aymeric était le premier, c’est ça ?

Elwyn opina du chef.

— Nous avons participé à quelques transhumances, c’est vrai. Et à toutes les bagarres qui allaient avec. Ton homme s’en est donné à cœur joie.

— Je m’en doute… Combien ont essayé de le couvrir de goudron et de plumes ?

— Aucun, en fait. En réalité, très peu de gens ont été emplumés de la sorte.

— Oh, mon Dieu… Es-tu en train de me dire que Lucky Luke et les Dalton, c’est un mensonge ?

— Éhonté ! confirma le poète en riant devant l’air faussement outragé d’Yseult – il se doutait bien qu’elle connaissait au moins en partie la vérité. Tout comme dire que des gens en sont morts. Le goudron utilisé était du goudron du pin, et non le goudron dont on se sert pour l’asphalte. Et cette punition, destinée avant tout à humilier, existe depuis au moins la fin du XIe siècle en Angleterre. Il y a eu des blessures, c’est vrai, mais pas de morts connues.

— Donc… Aucune anecdote croustillante concernant mon cher et tendre… ?

Elwyn lui jeta un regard suspicieux.

— Tu n’es pas censé le soutenir en toutes circonstances ?

Yseult posa sur lui un regard empli d’innocence.

— Oh, mais je le soutiens, je le soutiens, je t’assure… Mais j’aime aussi avoir des cartouches en réserve… Alors, tu n’as rien du tout à me raconter… ?

Le loup-garou pesa le pour et le contre. Si Aymeric apprenait qu’il avait parlé, il finirait probablement dans la rivière. D’un autre côté, s’il refusait, il risquait de s’exposer au courroux d’une druidesse.

Entre deux maux, il lui fallait choisir le moindre…

— Ça s’est passé à la fin d’une transhumance…

Far West

18 janvier 2020

Défi 591 du samedi 21 décembre 2019

Consigne des Défis du Samedi : envie d’un prix Nobel ? « Dynamite ».

Défi 591 du samedi 21 décembre 2019

 

 

 

La montagne maudite

 

L’explosion secoua le calme habituel du massif. Un cratère béant s’ouvrit dans le flanc de la montagne. Lorsque la fumée et la poussière se furent dissipées, des hommes s’approchèrent, pioche à la main, et commencèrent à frapper avec un bel ensemble sur les roches fragilisées.

Peu à peu, un tunnel se creusait vers les profondeurs de la terre…

 

***

 

Les conversations s’interrompirent dans la salle souterraine lorsque le choc assourdi par la roche y parvint. Tous les regards se levèrent vers le plafond tandis que des murmures inquiets retentissaient.

— Que se passe-t-il ?

— C’est un tremblement de terre ?

— Impossible, il n’y a eu aucun signe avant-coureur.

— Oui, les pierres sont restées silencieuses.

— Ce n’est pas quelque chose de naturel.

La voix tranchante de Gimfri fit taire la foule. Malgré son âge avancé, le Roi des Nains n’avait rien perdu de son autorité, et lorsqu’il fronçait ses sourcils broussailleux, son peuple retenait son souffle. Il s’avança au milieu des siens tout en caressant sa longue barbe blanche ornée de deux tresses sur les côtés.

— Non, ce n’est pas naturel, répéta-t-il. Nous devons découvrir ce qui se passe. Jelfinn ! Rarril ! Andeg ! Montez à la surface et voyez ce qui se passe.

Une onde de peur parcourut les Nains. Le Roi venait d’appeler rien moins que ses trois meilleurs espions, un indice certain que la situation était grave. D’innombrables paires d’yeux suivirent ces derniers tandis qu’ils se fondaient dans les ombres et se dirigeaient vers l’extérieur.

Le trio ralentit en arrivant à proximité de la sortie de leur royaume souterrain. Déjà, les Nains sentaient que quelque chose avait changé. D’ordinaire, à ce stade de leur périple, ils ne voyaient qu’à peine la lumière extérieure, alors que là, le soleil inondait les lieux. Les Nains échangèrent un coup d’œil entendu, avant d’échanger quelques signes rapides, tout aussi parlants pour eux que des mots et bien plus discrets. Un bref hochement de tête, puis ils se séparèrent, Jelfinn partant sur la gauche, Andeg sur la droite et Rarril poursuivant droit devant.

À leur grand désespoir, ils se retrouvèrent très vite quasiment à l’extérieur. Trop vite, même. Bien trop vite. Méfiants, ils se fondirent encore davantage dans les ombres des roches encore en place, des roches qui leur criaient leur douleur et leur peine après l’agression qu’elles venaient de subir. Les espions restèrent encore un instant, le temps d’être sûrs d’avoir bien compris ce qui se passait, puis ils reculèrent dans les ténèbres familières et s’en retournèrent vers leur roi, le visage sombre.

 

***

 

— Alors ?

Gimfri était d’autant moins du genre à s’embarrasser de circonvolutions et de politesses qu’il sentait son royaume en danger.

— Les humains, cracha Jelfinn avec dégoût. Ce sont eux les responsables.

— Ils creusent la montagne à l’aide d’une chose appelée dynamite, poursuivit Rarril. C’est une sorte de bâton qui explose lorsqu’ils l’allument, et tout s’effondre.

— Bande de barbares ! gronda Gimfri, furieux.

Si le peuple des Nains creusait dans les montagnes, il le faisait avec douceur et respect, en commençant par demander la permission à la roche, et en la remerciant lorsqu’elle acceptait de leur donner les métaux et les pierres précieuses dont ils étaient friands.

Jamais ils n’arrachaient quelque chose de force à la montagne, pas même une poussière d’or.

Les humains, eux, détruisaient tout pour s’approprier ce qu’ils convoitaient.

— Ils ne détruiront pas ma montagne, gronda Gimfri.

D’un geste décidé, le Roi des Nains saisit la hache qui ne le quittait jamais et la planta dans le sol. Des étincelles dorées jaillirent de la lame avant de courir dans les pierres, suivant les veines de minerai et les clivages entre les minéraux pour envahir la moindre parcelle de roche. Elles montèrent jusqu’à la surface, empruntèrent des chemins sous la couche de terre, se servirent du moindre caillou et remontèrent à la surface jusqu’à s’insinuer dans les caisses contenants les bâtons de dynamite.

La nuit était tombée. Les hommes dormaient. Ils ne virent pas les caisses s’illuminer brièvement, pas plus qu’ils ne virent les étincelles rouges qui se mêlaient aux dorées et pénétraient dans la terre, parcourant le chemin inverse jusqu’à réinvestir la hache de Gimfri. Le Roi des Nains eut un sourire machiavélique en arrachant celle-ci du sol.

— Leur pouvoir est le mien, à présent, commenta-t-il d’un air satisfait.

 

***

 

Quelques jours plus tard, les hommes abandonnaient la mine. D’autres vinrent, puis repartirent. Au début, ils étaient nombreux, puis de plus en plus rares, puis enfin il n’y eut plus personne, et la mine fut oubliée.

Seule subsista la légende d’une montagne maudite qui empêchait la dynamite d’exploser…

La montagne maudite

 

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