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26 mars 2017

Semaine du 20 au 26 mars 2017

Consigne des Impromptus Littéraires : nous vous proposons de revenir à votre « chère madeleine ». Pas besoin de s’appeler Proust pour évoquer un goût particulier auquel vous êtes attaché, à moins qu’il ne s’agisse d’une Madeleine, très personnelle, et donc, majuscule…

 

Mode furtif

— Aymeric, je suis tout à fait d’accord que tu conspires avec les chats pour donner du fil à retordre à Charles, mais mes flèches, c’est sacré, tu le sais bien.

Abasourdi, le lieutenant de la meute posa le journal qu’il parcourait tout en buvant un café pour regarder Eryn, qui tenait en main une dizaine des flèches qu’elle fabriquait elle-même, toutes brisées.

— Je t’assure que je n’y suis pour rien, se défendit le loup-garou. Je sais à quel point tu tiens à tes flèches.

— Alors pourquoi y a-t-il des poils de chat dessus ?

Aymeric n’eut pas le temps de répondre qu’un cri de rage provenait de la cuisine, précédant de peu l’arrivée d’Aloys. Le loup-garou blond brandissait une boîte à gâteaux tout en semant des miettes sur son passage :

— Bon sang, Aymeric, dis à ces satanés chats de ne pas jouer dans les madeleines ! Je sais bien qu’on a Charles pour nettoyer, mais je grignote quoi, moi, maintenant ?

Là encore, le lieutenant de la meute n’eut pas le loisir de parler qu’un hurlement de colère retentissait :

— Merde, Aymeric, je veux bien que les chats fassent les cons, mais mes fringues sont lacérées !

Debout à l’entrée du salon, Faolan brandissait ce qui, de loin, ressemblait à un vestige de sous-vêtements, et de près, à des lambeaux de tissus. Mais lorsque Ciaran rejoignit son jumeau avec lui aussi un reste de tee-shirt à la main, visiblement dans l’intention de protester lui aussi, Aymeric se leva d’un bond :

— Le bureau des pleurs est fermé ! Les chats ne sont pas responsables de vos problèmes !

— Tu en es sûr ? grommela Aloys, avant de lever les mains dans un geste d’apaisement devant le regard noir que lui jeta son cousin : OK, OK, je retire ! Si tu le dis, c’est que c’est vrai !

— Alors, que s’est-il passé ? résuma Eryn tout en posant ses flèches brisées sur la table.

— On peut savoir ce qui se passe, ici ? On dirait qu’un ouragan a ravagé le manoir.

La voix de Duncan fit retomber la tension naissante.

— Le manoir ? releva Aymeric.

— Je reviens juste d’Avalon, et je ne fais que croiser des loups-garous en train de râler. Ah, d’ailleurs, si j’étais vous, je n’approcherais pas d’Ailis. Quelqu’un est entré dans son laboratoire et a renversé une partie de ses bocaux.

— C’est pas moi ! clamèrent de concert Aloys et les jumeaux[1], ce qui eut le mérite de détendre complètement l’atmosphère.

Seul Aymeric ne participa pas à l’hilarité naissante. Sourcils froncés, la tête légèrement penchée de côté, il semblait écouter quelque chose que lui seul percevait. Duncan finit par s’apercevoir de l’absence de son lieutenant :

— Allo la Lune, ici la Terre… On peut savoir où tu es ?

— Les chats ne comprennent pas.

— Qu’est-ce qu’ils ne comprennent pas ?

— Ce qui se passe. Ce n’est pas eux, ça, j’en suis sûr. Les animaux ne mentent pas. Mais ils disent qu’il y a quelqu’un dans le manoir.

À la surprise générale, les yeux gris d’Aymeric se mirent à pétiller de malice :

— Alpha vénéré, je crois que tu n’es pas revenu seul d’Avalon… 

— Quoi ?

— Des passagers clandestins ont franchi le portail avec toi, ô Seigneur tout puissant.

— Continue comme ça, et je te casse la gueule. Quels passagers clandestins ?

 — Des sìthiches cait, Seigneur.

— Des… Dis-moi que tu plaisantes !

— Je crains bien que non, Seigneur.

Alors que les loups-garous échangeaient des regards catastrophés, Eryn, elle, eut une exclamation ravie :

— Des sìthiches cait ! Mais c’est merveilleux !

— C’est quoi, des sìthiches cait ? s’informa Yseult, qui arrivait.

Eryn se tourna vers lui, un grand sourire aux lèvres :

— C’est du gaélique écossais. Ça veut dire chats-fées. Ce sont…

— Des petits monstres, grommela Faolan en fixant les restes de son caleçon.

— D’adorables petites boules de poils avec de grandes oreilles et une bouille de chaton, même adultes, le contredit Blodwyn qui arrivait en compagnie d’Ailis et Eanna.

Les trois louves avaient les bras chargés de petits chats couleur sable, avec d’immenses oreilles, deux rayures noires sur les pattes avant et le bout de la queue noire.

— Ils ne sont pas mignons tout plein ? s’amusa l’empathe de la meute, tandis que la boule de poils qui avait élu domicile sur son épaule nichait son nez dans son cou en ronronnant. Je crois que celle-là veut rester avec moi.

— Et celle-ci avec moi, affirma Ailis en câlinant la toute petite chatte dont seule la tête dépassait de la poche de sa tunique.

— Celle-là m’a adoptée, annonça à son tour Blodwyn, qui avait le cou entouré par une troisième chatte qui semblait défier quiconque d’essayer de la faire bouger de là.

— Voici ma complice, sourit Eryn tandis que la quatrième venait se lover dans ses bras.

— Des… chats-fées ? disait au même instant Yseult tout en installant au creux de son bras la dernière sìthiche cat, qui semblait vouloir l’escalader.

— Des petits chats particulièrement joueurs et espiègles, lui expliqua Ailis. Celles-là sont adultes, tu sais. Et comme les femelles d’une portée ne se séparent jamais, je pense qu’elles sont toutes sœurs. Aymeric ?

— Je confirme, soupira le lieutenant de la meute d’un air lugubre. Elles sont sœurs et ont bien l’intention de rester ici.

— Pourquoi tu fais une tête pareille ? s’étonna Yseult. Elles sont adorables ! Elles ne vont embêter personne à part Charles, ce dont tout le monde se fiche, et tu n’auras qu’à leur expliquer ce qu’elles n’ont pas le droit de faire.

— Ma princesse, ce sont des sìthiches cait, et en plus des femelles. Sans vouloir te vexer, Blod, elles sont à peu près aussi faciles à contrôler que toi lorsque tu te mets en colère.

— Merci de reconnaître mes indéniables qualités. Ceci dit, ne l’écoute pas, Yseult. Les sìthiches cait sont des amours. Viens, on va t’expliquer.

Les jeunes femmes quittèrent la pièce, tandis que Duncan se laissait tomber sur un canapé en soupirant :

— Des sìthiches cait… Manquait plus que ça !

— Loin de moi l’idée de te contrarier, Seigneur, mais la prochaine fois, ramène plutôt un truc facile à contrôler. Je ne sais pas, moi, un dragon, par exemple.

L’Alpha gratifia son lieutenant d’un regard assassin :

— N’en rajoute pas, tu veux ?

— De toute façon, intervint Kerwan, arrivé entre temps, si les sìthiches cait avaient décidé de passer, rien ni personne n’aurait pu les en empêcher.

— Et rien ni personne n’aurait pu les empêcher de venir ici si c’était ce qu’elles voulaient, renchérit Elwyn. Les sìthiches cait font toujours ce qu’ils veulent, et leur principal but dans la vie est de faire le plus de bêtises possibles. Heureusement que ce n’est jamais méchant !

— Il nous reste à espérer qu’elles ne martyriseront pas trop nos pauvres matous, soupira Faolan en ramassant Fox pour le serrer dans ses bras.

— Pas plus que nos louves ne nous martyrisent, ironisa Aydan. Et puis au moins, elles ne les obligeront pas à porter de beaux caleçons marqués « fesses à claques ».

Seulement alors Faolan s’aperçut que son frère de meute avait patiemment reconstitué le puzzle représenté par les restes de son caleçon. Un immense éclat de rire retentit dans le salon, et tandis que Faolan grognait qu’il y en a certains qui feraient mieux de s’occuper de leurs propres fesses plutôt que de celles des autres, Ciaran concluait avec un grand sourire :

— Finalement, on va bien s’amuser, avec ces petites coquines !


[1] Voir les textes Herboristerie interdite et La pièce abandonnée dans La meute de Chânais tome 2,5 : tranches de vie (Ysaline Fearfaol)

Mode furtif


25 mars 2017

Défi 447 du samedi 18 mars 2017

Consigne des Défis du Samedi : al dente, surcuites ou bien en collier, au sens général ou particulier, chinoises, italiennes, japonaises, allemandes, vietnamiennes ou françaises, ou même à la crème d’andouille, parlez-nous des nouilles !

Défi 447 du samedi 18 mars 2017

Comment cuire des nouilles

Assis côte à côte sur la barrière d’un enclos, Aymeric et Kerwan, tous deux en tenue de concours équestre, regardaient les gens qui défilaient dans le club appartenant au premier. Participants, famille, supporters ou simples curieux, le concours interne organisé pour fêter l’arrivée du printemps se déroulait sous les meilleurs auspices et sans accrocs.

— Pratique, quand même, d’avoir une sorcière des éléments dans ses contacts, commenta le second.

— Oui, approuva Aymeric. On est sûr d’avoir beau temps en cas de besoin.

— Tu sais que Dragan va vouloir t’étrangler quand il saura que tu as promis à Joanna qu’elle serait la photographe officielle du prochain défilé de sous-vêtements masculins de La Griffe ? Sans compter que tu l’as autorisée à entrer dans les vestiaires de ces messieurs pour son reportage ?

— Il peut toujours essayer, persifla le loup-garou. Il finira comme Elwyn, à l’eau.

Remarquant que les yeux gris de son ami se posaient avec insistance sur une adolescente d’environ quinze ans, qui caressait le chanfrein d’un bel alezan dont la robe dorée brillait sous le soleil, Kerwan eut un sourire en coin :

— Et Yseult va t’arracher les couilles, si tu continues à mater la demoiselle de cette façon.

— Ce n’est pas elle que je regarde.

— Ah ? C’est pourtant bien imité.

— Flamme l’a choisie.

— Quoi ?

— Le cheval… Il l’a choisie. Elle est ici avec ses parents, qui souhaitent lui acheter un cheval, alors je leur ai proposé de faire le tour des écuries, de regarder les concours, et depuis, je surveille.

— Ils savent que tu ne vends quasiment jamais tes chevaux ?

— C’est pour ça qu’ils en veulent un. La petite est d’une timidité maladive, ils pensent qu’un cheval peut l’aider, et comme elle monte au club et qu’elle s’y plaît, ils ont tenté leur chance.

— Mais Flamme… Il est puissant, caractériel, et…

— C’est un fils de Sheïtan, le coupa Aymeric. Sa mère est une jument de la Terre des hommes, mais il a en lui le sang des chevaux de guerre d’Avalon et c’est elle qu’il a choisie.

Le lieutenant de la meute se tourna vers son voisin :

— Les chevaux de guerre d’Avalon ne se trompent jamais. Si c’est elle qu’il veut, c’est qu’ils seront bien ensemble. Je vais aller lui proposer de faire un tour avec lui.

Le loup-garou allait descendre de son perchoir lorsque la main de Kerwan se posa sur son bras :

— Regarde là-bas. Platée de nouilles à l’horizon.

Aymeric suivit la direction indiquée par Kerwan, découvrant à son tour Martial, accompagné de ses deux fidèles sbires, Cyril et Berny, qui se dirigea droit vers l’adolescente. Cette dernière amorça un mouvement de recul, mais déjà le trio l’entourait. Kerwan haussa un sourcil mi amusé mi exaspéré :

— On passe en mode « Exécuteurs » ?

— Suggestion approuvée.

Moins d’une minute plus tard, les loups-garous rejoignaient le groupe. La jeune fille, au bord des larmes, se plaquait contre la barrière de l’enclos comme si elle voulait s'y fondre, tandis que Flamme, les oreilles couchées en arrière, claquait des dents en direction de Martial, qui recula vivement d’un pas tout en crachant, hargneux :

— Attends un peu que je sois sur ton dos, sale bête, et tu verras qui est le patron !

— Et qu’est-ce qui te permet de croire que je te laisserais monter un de mes chevaux, la nouille trop cuite ?

Martial se figea en reconnaissant la voix sarcastique dans son dos. Très lentement, il se retourna, se retrouva face à une poitrine musclée, et leva lentement les yeux pour croiser le regard gris de cet espèce de fou furieux d’Aymeric de Chânais. Mal à l’aise, il déglutit, ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun son n’en sortit, alors que déjà Aymeric poursuivait :

— Tu voulais monter Flamme ? On va voir combien de temps tu vas tenir sur son dos. Reste ici jusqu’à ce que je revienne.

Martial n’osa pas se dérober à l’ordre du loup-garou. Ce dernier entra dans l’enclos, en sortit avec l’alezan à sa suite – plus personne dans le club ne s’étonnait de voir Aymeric de Chânais se faire obéir des chevaux sans même un licol – et prit la direction des écuries. S’ensuivit un moment très inconfortable pour Martial et ses complices. L’adolescente, intimidée, osa à peine croiser le regard de Kerwan lorsque celui-ci lui demanda gentiment son nom, et sans son ouïe de loup-garou, il n’aurait sans doute pas entendu le doux prénom de Maeva qu’elle murmura.

Le retour d’Aymeric sur le dos d’un Flamme sellé et bridé rompit la tension de la scène. Le loup-garou sauta à terre d’un bond souple puis se tourna vers Martial, qui, en tant que participant au concours, était en tenue d’équitation :

— Vas-y, montre-nous ce que tu sais faire.

Acculé, le jeune homme n’eut d’autre choix que d’enfiler sa bombe[1] et d’obéir. Il enfourcha à grand-peine l’alezan soudain rétif, qui ne cessait de se dérober lorsqu’il mettait le pied à l’étrier, parvint tout aussi difficilement à le faire entrer dans le paddock proche… et s’envola aussitôt avec une force telle qu’il franchit l’un des obstacles servant à l’entraînement, manquant de peu de percuter le chandelier droit.

— Zut, raté, commenta simplement Aymeric en récupérant les rênes d’un Flamme visiblement très fier de lui.

Puis il les tendit à Maeva :

— À toi.

— M… moi ? bégaya l’adolescente, presque tremblante.

— Il te plaît, n’est-ce pas ?

La jeune fille jeta un coup d’œil au cheval, qui avait manœuvré de telle façon qu’il se retrouvait à présent contre elle, et un minuscule sourire naquit sur ses lèvres :

— Oui.

— Alors, vas-y, monte. Tu es en tenue, tu as ta bombe, tu peux y aller. Fais quelques tours de pistes avec lui sur le paddock secondaire. Fais-moi confiance, tout ira bien. Je connais mes chevaux.

Le cœur battant, Maeva enfourcha l’alezan se dirigea vers le second paddock, qui servait à faire marcher les chevaux avant ou après une épreuve. Peu à peu, elle s’enhardit, passa au trot, puis au galop, et commença à exécuter quelques figures de dressage, tandis qu’un grand sourire éclairait son joli visage et que ses joues rosissaient d’excitation.

— Voilà ce que j’appelle monter à cheval, commenta Aymeric avec satisfaction. Tu devrais en prendre de la graine, Martial.

L’intéressé, fermement retenu par la poigne d’Aymeric sur le col de sa chemise de concours, n’osa piper mot. Le loup-garou le jeta pratiquement dans les bras de Kerwan avant de se diriger à grands pas vers le paddock :

— Surveille-moi les nouilles, qu’il ne leur prenne pas l’envie de se sauver. Elles sont de corvée d’écurie, après le concours. Ce n’est pas comme si elles avaient autre chose à faire, de toute façon, n’est-ce pas ?

Les trois intéressés secouèrent la tête en signe de dénégation, bien trop paralysés par la peur pour songer à protester. Se désintéressant d’eux, Aymeric rejoignit le paddock et interpella Maeva :

— Alors ?

— Il est merveilleux, monsieur !

— Viens par ici, je vais te coacher, et tu iras faire un parcours avec lui.

— Vous, monsieur ? Vous allez me coacher moi ? Et je vais sauter ? Mais les inscriptions sont closes !

— Alors, dans l’ordre, oui, je vais te coacher personnellement. Oui, tu vas sauter. Et enfin, je suis le patron, je fais ce que je veux. Allez, viens.

Une dizaine de minutes plus tard, le couple cheval-cavalière évoluait sur la piste, pour un parcours au tracé parfait, sans faire tomber une seule barre, et qui les aurait menés à la première place si Maeva et Flamme avaient été officiellement inscrits au concours.

— Tu vas être à jamais son héros, remarqua Yseult en se glissant dans les bras de son amant tandis que la jeune fille et sa monture participaient au tour d’honneur avec les trois premiers classés.

— Et toi son héroïne, s’amusa-t-il alors que son regard tombait sur la coupe que sa compagne avait dénichée pour l’offrir à Maeva.

— Par contre, Dragan te cherche pour te tuer.

— Qu’il vienne. Je l’attends de pied ferme.



[1] Protection pour la tête du cavalier (note de l’auteur)

Comment cuire des nouilles

24 mars 2017

Felicity Atcock tome 6 : les anges voient rouge (Sophie Jomain)

Felicity Atcock tome 6 : les anges voient rouge (Sophie Jomain)

Je n’ai jamais été une grenouille de bénitier, mais je me souviens très bien des grandes lignes de la religion qui affirment que Dieu est omnipotent, omniscient, omniprésent et... immense. Sauf qu’à en croire l’individu petit, chauve et rabougri qui se tient devant moi, il doit y avoir erreur sur la marchandise. Dans le cas contraire, si ce type est bel et bien le Tout-Puissant comme il le prétend, il va apprendre de quel bois je me chauffe. Même affronter l’enfer ne me fait pas peur. On n’avait qu’à pas m’enlever l’homme que j’aime.

 

Montagnes russes… c’est vraiment le terme qui me vient en refermant ce dernier tome de la saga de Felicity Atcock. Je vous préviens, quand vous le commencez, assurez-vous que rien ni personne ne vous interrompe, parce que c’est tout simplement inacceptable, insupportable et non autorisé. Les rebondissements se succèdent, et quels rebondissements… J’ai beaucoup aimé les discrètes touches de rappel sur les événements des tomes précédents présents dans le roman. C’est vrai qu’on peut avoir oublié des détails importants, parce que sur le coup on ne les a pas jugés importants – chaque lecteur ne lit pas un livre de la même façon et n’en retient pas les mêmes choses –, mais qui en fait l’étaient (en même temps, on n’est pas non plus dans la tête de l’auteur, et Sophie est CE genre d’auteur qui disperse « innocemment » des indices à droite à gauche qui nous font dire à la fin « mais c’est bien sûr… »).

Donc, on ne s’ennuie pas. On aimerait même pouvoir respirer de temps en temps, et on se demande où Felicity trouve la force de supporter tout ce qui lui arrive sans perdre l’esprit. D’ailleurs, suite à cette lecture trépidante, je vous conseille de prendre ensuite un de vos livres-doudous. Vous savez, celui que vous connaissez par cœur pour l’avoir relu des dizaines de fois et qui du coup est corné de partout. Je vous assure que votre petit cœur en aura besoin.

Le mien en tout cas a besoin d’une sérieuse pause…

L’intrigue est machiavélique, et mieux ficelée qu’un rôti prêt à être enfourné. Les personnages sont toujours aussi complexes et surprenants, avec une fâcheuse tendance à agir comme on ne s’y attend pas – ou à aller encore plus loin qu’on ne s’y attendrait. Et la fin est jubilatoire. Ah, ce chapitre 22… Mais je n’en dirai pas plus sur l’histoire, ce serait trop dommage de spoiler quoi que ce soit (et non, je n’ai toujours pas digéré qu’on m’ait spoilé la fin du tome 5…), mais surtout, ne passez pas à côté ! Et en vérité, je vous le dis, une bouteille d’oxygène et un masque à côté du fauteuil ne sont pas inutiles...

 

Posté par Ysaline Fearfaol à 20:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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23 mars 2017

Service presse du Boudoir Ecarlate : Psi Changeling tome 15,5 : étreintes sauvages (Nalini Singh)

Psi Changeling tome 15,5 : étreintes sauvages (Nalini Singh)

Au fond des océans, Tazia Nerif cherche à briser le Silence du commandant Psi de sa base. Dorian, incapable de se transformer, doit apprendre à laisser jouer son léopard pour échapper à sa vie morne. Cruellement blessé par une louve dominante, Felix refuse d’être la victime de quiconque, mais la femme-léopard Dezi est prête à tout pour le convaincre de lui accorder sa confiance. Kenji et Garnet, autrefois séparés, sont à nouveau irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, mais un lourd secret les menace...

 

L’écho de Silence : j’ai un faible pour les histoires avec les Psis brisant leur conditionnement, et celle-ci ne fait pas exception à la règle, surtout que Tazia, l’humaine, a elle aussi une forme de conditionnement en raison de sa culture d’origine. J’ai trouvé Stefan aussi touchant qu’attendrissant, et leur histoire, si belle et si romantique, m’a mis les larmes aux yeux

Dorian : ah, Dorian… Je l’ai toujours adoré, et j’ai adoré le voir enfant, quand il ne pouvait pas encore se métamorphoser. Sa découverte de ses capacités, plus tard la manière dont il a appris à apprivoiser son léopard, le tout sous la tendre amitié de ses amis, est un vrai bonheur ! Le côté joueur des Changelings s’exprime sans complexes dans cette nouvelle, et c’est un plaisir de voir à quel point ils peuvent être gamins, parfois.

Entre chat et loup : une histoire que j’ai vraiment adorée ! Pour une fois, les rôles sont renversés : on a un loup soumis, Félix, qui désire une femelle léopard dominante, Dezi. Celle-ci partage ses sentiments, mais une telle union est-elle possible ? Dans le sens inverse, mâle dominant et femelle soumise, le problème ne se pose pas, mais le cas de Félix et Dezi n’a rien de classique, surtout que Félix a déjà été utilisé comme jouet sexuel par une femelle dominante. Il leur faudra du temps, de la patience, des compromis pour apprendre à ne pas se blesser l’un l’autre, et pour que ni l’homme ni loup en Félix ne se sente écrasé par la dominance de Dezi. Une très belle histoire, où enfin les rôles sont inversés, ça fait plus que plaisir !

Liés par le destin : Un meurtre au sein des SnowDancer ! Garnet, lieutenante, doit l’élucider, mais la venue de Kenji, dont elle est amoureuse depuis toujours et qui l’a si cruellement trahi le jour de ses 21 ans, complique les choses. Une histoire très bien menée, avec une enquête passionnante, un secret qui sans cesse se dérobe, jusqu’à la révélation finale. Si l’identité du meurtrier n’est en fait pas très compliquée à deviner, surtout quand on est comme moi une grande lectrice de polars, l’histoire de Kenji et Garnet, elle, tient toutes ses promesses et est tout simplement superbe.

Posté par Ysaline Fearfaol à 20:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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22 mars 2017

Service presse du Boudoir Ecarlate : Adrien English tome 5 : marée noire (Josh Lanyon)

Adrien English tome 5 : marée noire (Josh Lanyon)

Comme si se remettre d’une chirurgie cardiaque sous l’œil acéré de sa famille surprotectrice n’était pas assez exaspérant, quelqu’un ne cesse de vouloir entrer par effraction dans la librairie d’Adrien English. Que recherche donc cet intrus de minuit des plus déterminés ?

Quand un squelette vieux d’un demi-siècle surgit d’un mur pendant les rénovations de la librairie Cloak and Dagger, Adrien se tourne vers son ex, le beau Jake Riordan, désormais sorti du placard et reconverti en détective privé.

Jake n’est que trop heureux d’avoir une raison de rester auprès d’Adrien, mais de nombreuses surprises surgissent du passé de ce dernier, bien plus qu’aucun d’eux n’en attendait... et l’une d’elles pourrait bien se révéler dangereuse pour le cœur de Jake.

 

De plus en plus addictif !

C'est officiel, Adrien English est dans le top 3 de mes séries policières MM. Chaque tome est un pur ravissement, tant en raison de l'écriture et de l'érudition de l'auteur que de l'histoire elle-même.
Bon, d'un côté, on pourrait aussi dire qu'Adrien n'a pas de chance... Alors qu'il se remet à peine d'une opération à coeur ouvert - rien que ça ! -, on découvre un squelette vieux de 50 ans sous le plancher des locaux contigus à sa librairie, et qu'il vient d'acheter pour s'agrandir.
Un fait qui ne peut manquer d'intriguer le détective qui vit en Adrien, surtout que dans le même temps, on tente de s'introduire deux soirs de suite dans sa librairie.
Et forcément, la situation va finir par dégénérer, et nous entraîner dans un tourbillon de découvertes, toutes plus inattendues les unes que les autres.

Histoire de compliquer la situation, les trois ex d'Adrien reviennent dans sa vie : Mel, Guy, et bien sûr, Jake Riordan, qui a quitté la police après avoir fait son coming-out... N'oublions pas Lisa, toujours mêle-tout et parfois exaspérante dans son désir de protéger Adrien, et l'équation est à peu près complète pour qu'Adrien ait vraiment du souci à se faire quant à sa guérison.

Les pages se tournent sans qu'on s'en aperçoive, et je crois que mon coeur a fait autant de saltos que celui d'Adrien durant toute ma lecture. Incorrigible romantique, j'avoue que, dans ma tête, les amours d'Adrien sont passés au premier plan, et que j'ai vraiment, vraiment eu peur qu'il ne fasse pas le bon choix. Il y a beaucoup de tendresse et de romantisme dans ce tome, beaucoup de questionnements et de remises en question, aussi, ce qui le rend d'autant plus agréable à lire.

Un conseil : si vous ne connaissez pas cette série, foncez !

Posté par Ysaline Fearfaol à 20:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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