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24 septembre 2017

Semaine du 18 au 24 septembre 2017

Consigne des Impromptus Littéraires : cette semaine, il va encore y avoir du sport, puisqu’il vous faudra jongler dans l’ordre qu’il vous plaira avec les quatre mots suivants :

Hystérique

Thuriféraire[1]

Nandou[2]

Urinoir

Ainsi qu’avec la phrase suivante : « Ô temps, suspends ton vol ! »



[1] Ministre servant, clerc ou laïque, qui porte l’encens et l’encensoir dans la liturgie romaine. Littéraire : personne qui loue, vante quelqu’un ou quelque chose avec excès : les thuriféraires du pouvoir (source : Larousse 2017)

[2] Gros oiseau coureur des pampas d’Amérique du Sud, au plumage brun, aux ailes invisibles sous les plumes et aux pattes à trois doigts. Les nandous vivent en harem sous la conduite d’un mâle et pondent dans des nids communs (source : Larousse 2017)

 

 

Un de Chânais ne résiste jamais à un défi…

— Tu m’as l’air… ennuyé, constata Aloys en posant une fesse sur le bureau devant lequel était assis Elwyn.

Le loup-garou blond jeta un coup d’œil à la corbeille remplie de papiers froissés avant de lever un sourcil surpris :

— Panne d’inspiration ? Toi ? Tu ne trouverais rien pour embêter mon cousin ?

— Il m’a lancé un défi, répondit Elwyn en désignant un post-it recouvert de l’écriture d’Aymeric.

— Ah oui ?

Aloys parcourut rapidement les quelques lignes griffonnées sur le post-it. Ses yeux s’écarquillèrent tandis qu’il sifflait entre ses dents :

— Et… Tu es censé faire quoi de tout ça ?

— Il m’a laissé deux heures pour en faire un poème. Si je réussis, il a promis de me laisser déclamer ce que je voulais pendant toute la semaine qui vient sans me balancer à l’eau.

— Et… tu as réussi ?

Elwyn lui jeta un regard triomphant :

— Bien sûr ! Un de Chânais n’échoue jamais.

Le poète de la meute tendit une feuille à Aloys, qui parcourut rapidement les vers tracés de l’écriture élégante de son frère de meute :

 

Ô temps, suspends ton vol ! 

Déclamait d’une voix aux accents hystériques

Embrumée de vapeurs d’alcool

Un thuriféraire mystique,

Debout devant un urinoir cassé,

Et qui ressemblait à un nandou déplumé

 

— Bien joué, reconnut le loup-garou blond en lui rendant son œuvre.

Qui ne parvint jamais à destination, puisque qu’une main l’intercepta. Indigné, Elwyn se retourna… pour se retrouver face à Aymeric, qui lui rendit son poème, l’ombre d’un sourire au coin des lèvres :

— Bravo, mon p’tit loup. Tu as gagné ta semaine de paix.

Le lieutenant de la meute quitta la pièce en sifflotant, les mains au fond des poches de son jean. Brusquement inquiet, Elwyn fronça les sourcils :

— Ça veut dire quoi, ça ? Pourquoi a-t-il l’air aussi joyeux ? Et toi, pourquoi tu te marres ?

Aloys retenait en effet difficilement un fou rire. Il finit par abandonner et à laisser libre cours à son hilarité :

— Aymeric et Yseult partent dans une heure pour Avalon. Pour les quinze prochains jours.

— Quoi ?! Il n’a pas le droit de faire ça !

— Va le lui dire, si tu en as assez de vivre.

Le poète jeta un coup d’œil furibond vers la porte qu’avait empruntée Aymeric avant de se laisser aller sur son fauteuil avec accablement :

— Il m’a eu, c’est ça ?

— Je le crains. Tu vas devoir te contenter de nous comme auditoire, sauf que personne ne t’a promis de ne pas te balancer à l’eau.

— Quel intérêt de versifier si je ne peux pas énerver Aymeric ? ronchonna Elwyn. Mais je l’aurai, un jour, je l’aurai !

 

Un de Chânais ne résiste jamais à un défi


23 septembre 2017

Défi 473 du samedi 16 septembre 2017

Consigne des Défis du Samedi : « fripouille ». « J’avais déjà mis doryphore, j’allais pas ajouter fridolin » nous dit l’administrateur du site.

Défi 473 da samedi 16 septembre 2017

Quand pleure un violon...

Sélène marchait d’un pas vif sur le chemin menant au manoir de Chânais. Perchée sur son épaule, une petite boule de poils ronronnait sans discontinuer. La veille, Sélène l’avait trouvée devant la porte de sa maison. Ou plus exactement, Pirate et Trois-Pattes, son chien borgne et son renard à qui il manquait une patte, l’avaient trouvée. Le chaton, affamé et avide de caresses, était entré dès que la porte s’était ouverte, et bien entendu, il avait été accueilli à bras ouverts. Attendrie, Sélène avait passé la soirée à câliner les longs poils du petit chat noir, à qui le bout des pattes blanc et le bavoir immaculé qu’il arborait sur le poitrail donnaient un peu l’air d’un majordome. Impression accentuée par ses moustaches et ses vibrisses blanches, mais démentie par l’expression coquine de ses yeux bleus.

 

La jeune vétérinaire l’aurait volontiers gardé – Korenn aussi, d’ailleurs –, cependant, quelque chose en elle la poussait à amener ce qui promettait d’être une petite fripouille chez les de Chânais, ce qui expliquait leur présence actuelle dans le domaine.

 

Sélène et son petit compagnon avaient presque atteint leur destination lorsque soudain les notes d’un violon retentirent dans l’air. Une mélodie poignante et triste qui lui mit les larmes aux yeux de par la douleur qu’elle portait. Sur son épaule, Fripouille se redressa brusquement, sauta à terre et fila en direction de la source de la musique. Par réflexe, Sélène lui emboîta le pas – ou plutôt, courut derrière lui.

 

Et s’immobilisa brusquement en arrivant à l’orée d’une clairière, où un jeune homme solitaire tirait une complainte d’une grande tristesse de son violon. Le soleil jouait dans les reflets blonds de sa chevelure brun clair, et jetait des éclats d’ombre et de lumière sur son torse nu aux muscles durs et bien dessinés. Ses paupières étaient fermées, et pourtant, même d’où elle était, Sélène pouvait voir les larmes silencieuses qui coulaient sur ses joues. Quant à Fripouille, il était assis devant le musicien, son petit museau levé vers lui, semblant attendre qu’on le remarque. Comme rien ne venait, il s’approcha et donna un petit coup de patte sur le mollet du loup-garou, puis un second et un troisième, jusqu’à ce que la musique s’interrompe et que le violoniste baisse les yeux vers lui.

 

 

 

Brunan était si concentré qu’il mit un certain temps à s’apercevoir que quelque chose requérait son attention. Surpris, il interrompit sa partition pour regarder vers la source des petits coups qu’il ressentait… et ouvrit de grands yeux stupéfaits en découvrant le chaton qui s’était mis à escalader son jean. Le lieutenant de Blodwyn posa précautionneusement son instrument avant de ramasser la boule de poils qui gigotait dans tous les sens et de la lever jusqu’à son visage :

 

— D’où tu sors, toi ?

 

— Je crois qu’il t’a choisi.

 

La voix de Sélène le fit sursauter. Il s’était tellement perdu dans la musique qu’il n’avait prêté aucune attention à ce qui se passait autour de lui, et n’avait donc pas détecté l’arrivée de Sélène.

 

— Moi ? fut tout ce qu’il parvint à articuler.

 

— Toi, confirma la jeune femme tandis que le chaton se blottissait contre le loup-garou, pétrissant son avant-bras de ses petites pattes.

 

Sélène hésita une brève seconde avant d’ajouter :

 

— Il a deviné que tu avais besoin de quelqu’un auprès de toi.

 

Brunan eut un rire amer :

 

— Ma solitude est ma juste punition. Par lâcheté, j’ai laissé mourir celle que j’aime.

 

Touchée au cœur par cet aveu, Sélène posa une main compatissante sur le bras de son interlocuteur :

 

— Les animaux ne se trompent jamais. Fripouille t’aime, et s’il t’aime, c’est que tu es digne d’être aimé.

 

Un léger sourire éclaira les traits du loup-garou tandis qu’il reportait son attention sur le chaton :

 

— Tu voudrais vraiment rester avec moi ?

 

Pour toute réponse, Fripouille frotta sa tête contre son torse en ronronnant plus fort.

 

— La cause est entendue, conclut Sélène. Il est à toi. Ou plutôt, tu es à lui. Tu devrais lui jouer un autre morceau ; il a l’air d’aimer la musique. Moi, je vais m’inviter à boire un café au manoir.

 

Resté seul, Brunan avança sa main libre vers le chaton, qui réclama aussitôt un câlin, que le loup-garou lui accorda volontiers :

 

— Tu aimes vraiment ma musique, petite canaille ?

 

— Miaou.

 

— Tu voudrais que je te joue un autre air ?

 

— Miaou !

 

— Il va falloir que je te pose, pour ça. J’ai besoin de mes deux mains pour jouer.

 

Comme s’il avait compris, le chaton sauta à terre et se percha sur une souche proche, semblant attendre. Le sourire de Brunan s’accentua. Il reprit son violon et son archet, et bientôt, une autre mélodie s’éleva dans les airs.

 

 

 

Sélène sourit lorsque les notes lui parvinrent. Le violon avait cessé de pleurer…

Quand pleure un violon

22 septembre 2017

Du sang sur la Tamise (Anne Perry)

Du sang sur la Tamise (Anne Perry)

Londres, 1856. Alors que le canal de Suez sonne l'ère du progrès, William Monk se voit confronté à une affaire sans précédent. Sous ses yeux, un navire explose sur la Tamise et cause la perte de nombreux passagers. Pour la police, le coupable de l'attentat est vite trouvé. Mais ne s'agirait-il pas surtout de couvrir la vérité à l'aide d'un bouc émissaire ? Hanté par les images du drame, Monk est prêt à se dresser contre une autorité corrompue pour que justice soit faite...

Une fois de plus, j'ai été tellement prise par l'enquête - qui, quelque part, rejoint cruellement l'actualité, avec tous les attentats qui ont lieu de par de le mode - que je n'ai pas pu m'arrêter avant d'avoir terminé. Et une fois de plus, jusqu'au bout, les rebondissements sont nombreux, imprévisibles, mettant à mal nos héros, tant physiquement que moralement. L'affaire, tout aussi horrible que complexe, aura des répercussions inattendues, qui éclabousseront tout autour d'elles, et dont l'auteur parlera sans doute dans les prochains tomes, car elles touchent à la vie privée de nombre des personnages de la série.

 

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21 septembre 2017

Service presse du Boudoir Ecarlate : attirance élémentaire tome 1 : la valse de l'eau (Hayley B. James)

Attirance élémentaire tome 1 : la valse de l'eau (Hayley B James)

Dans un monde où les humains sont détenus comme esclaves sexuels, les anges et les démons sont en lutte constante contre leurs jouets de chair. Le démon Varun travaille pour ASTRE, une organisation dévouée à la libération de l’humanité, mais c’est une bataille sans fin.

Deux ans plus tôt, l’ange Triste a brisé le cœur de Varun en choisissant de devenir son majordome plutôt que son bien-aimé, sans lui donner la moindre explication ni aucun espoir d’avenir. Ce n’est pas pour autant que Triste restera sans rien faire lorsque Varun prend l’humain Elden sous son aile, et son enquête, menée en privée, va révéler de terribles secrets, y compris les ramifications d’un complot pernicieux.

En dépit des apparences, Triste et Varun n’en ont pas terminé l’un avec l’autre, mais un danger bien plus grand plane sur eux tandis qu’ils cherchent à dissoudre la menace d’une guerre catastrophique.

 

Plongée en apnée et danse avec un démon...

Oui, bon, les jeux de mots étaient faciles, mais c'est bien ce que j'ai éprouvé en ouvrant ce livre... Avant même d'avoir fini le premier chapitre, je me suis retrouvée gravement accrochée à cet univers original, où anges, démons, diables et humains se côtoient. Dès le début, on sent l'amour entre Triste et Varun, et on n'a qu'une envie : savoir ce qui les empêche d'être ensemble, et les pousse à chercher de la compagnie ailleurs. Les mystères se succèdent, car chaque fois qu'on croit avoir saisi une situation, un petit quelque chose se produit, et on réalise que ah, finalement, non, l'hypothèse X n'était pas la bonne. La Y non plus, d'ailleurs.
Car les jeux de pouvoir sont très présents, dans cette histoire. ASTRE est-elle vraiment l'organisation qu'elle prétend être ? Qu'en est-il de l'Alliance ? Et les humains sont-ils aussi faibles que le pensent anges, démons, diables et fées ? Pas si sûr...
Les personnages réservent aux aussi leur lot de surprises. Entre Amer, le chauffeur de Varun, qui a plus d'un tour dans son sac, et Frémont, le diable qui va se retrouver pris à son propre jeu, nous avons toute une galerie de personnages secondaires très bien travaillés, complexes et intéressants, qui ne servent pas seulement de faire-valoir aux deux personnages principaux. Et c'est tant mieux, car ils enrichissent encore l'histoire.
En bref, une série que je suivrai avec grand plaisir !
PS : le titre est particulièrement révélateur des éléments importants de l'histoire, comme on le comprend à la fin.

 

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20 septembre 2017

Les Nécrophiles Anonymes tome 1 : quadruple assassinat dans la rue de la Morgue (Cécile Duquenne)

Les Nécrophiles Anonymes tome 1 : quadruple assassinat dans la rue de la Morgue (Cécile Duquenne)

« Un fossoyeur dans le collimateur ? » L’existence paisible de Népomucène, préposé à la morgue, est bouleversée lorsqu’un tueur en série se met à sévir. Le croque-mort craint fort d’être le prochain sur la liste. Bob, son ami de longue date, un vampire de près de cent cinquante ans, décide aussitôt de mener l’enquête, persuadé que ces meurtres ne sont pas le fait d’un être humain. Népomucène ne quitte pas Bob d’une semelle, inquiet de le voir aller au-devant du danger. Au fil des découvertes, sur la nature de l’assassin comme sur celle de son ami, l’employé des pompes funèbres voit leur relation évoluer... Une mise en bière peu commune.

 

Une novella peu être pas forcément inoubliable, mais plutôt sympathique, qui a comme originalité d'avoir parmi ses héros un employé de la morgue au nom improbable. J'ai apprécié l'humour souvent présent dans les répliques, le visionnage des épisodes de Buffy (ah, Spike... Soupir...), la narration de la première rencontre entre Bob et Népomucène et le titre en forme de clin d'oeil au livre d'Edgar Poe, Double assassinat dans la rue Morgue. C'est une lecture délassante, sans prise de tête, car l'histoire n'est pas très approfondie. Pour le reste, j'attends de lire le tome 2 pour voir ce que va donner la relation à peine esquissée entre Bob et Népomucène. On m'a présenté la série comme une romance gay, mais très franchement, la romance, on la cherche...

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